Science, conscience et équilibre : marcher sur le fil du rasoir

January 4, 2026
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Je me définis comme un équilibriste. Pas dans le sens d’un funambule de cirque, mais dans le sens où je marche sur le fil fragile entre différents mondes : l’entrepreneuriat et la spiritualité, la science et la conscience. Chaque pas demande attention et humilité. Chaque instant est une exploration.

Je ne prétends pas avoir des réponses toutes faites. Je me contente d’observer, de sentir, d’expérimenter… et d’admettre que je ne sais pas. C’est peut-être là que commence la véritable ouverture.

Quand le quantique devient un langage, plus qu’une explication

La physique quantique est souvent convoquée dans les discours thérapeutiques et spirituels. Intrication, énergie, vibration… Ces mots sont puissants, séduisants, et souvent employés pour expliquer ce que nous ne comprenons pas encore.

Pour moi, il est clair que les phénomènes quantiques connus opèrent dans des conditions extrêmement spécifiques et microscopiques. L’intrication, par exemple, ne peut pas expliquer un transfert intentionnel ou des effets thérapeutiques à distance.

Alors pourquoi continuer à parler de quantique ? Parce que c’est une métaphore, un langage qui ouvre l’imaginaire, mais que je choisis désormais de distinguer du réel mécanisme physique.

Fréquence et résonance : ce que je ressens

Le vivant me parle en rythmes et en oscillations : battements du cœur, respiration, activité cérébrale, cycles hormonaux. Ces mouvements ne sont pas seulement mesurables, ils se ressentent.

Quand je pratique, je perçois parfois ce que j’appelle une « résonance ». Ce n’est pas un transfert physique mesurable, mais un alignement, un dialogue subtil, un état partagé. C’est réel pour moi, mais je sais que ce n’est pas encore un mécanisme que la science peut décrire.

Neurosciences : observer sans réduire

Les neurosciences apportent un éclairage précieux sur les liens entre activité cérébrale et expérience subjective. Elles montrent comment certaines expériences correspondent à des corrélats neuronaux. Elles décrivent des mécanismes nécessaires, mais pas l’essence de la conscience.

Je ne confonds pas corrélation et identité. Je sais que l’activité du cerveau accompagne l’expérience vécue, mais je refuse de réduire la conscience à ce seul niveau. La science m’éclaire, mais elle n’explique pas tout.

Le vivant comme un flux

Le vivant change constamment. Il est relation, adaptation, mémoire, interaction. Et moi, quand j’essaie de le comprendre, je me rends compte que toute mesure que je prends n’est qu’une tranche de ce flux. La science peut capturer un instant, et c’est précieux, mais le flux lui-même reste vivant et mouvant.

Francisco Varela l’exprimait ainsi :

« Nous devons faire dialoguer l’expérience vécue et la science, sans réduire l’une à l’autre. »

Cette idée résonne profondément pour moi. Elle me rappelle que l’humilité est le point de départ de toute exploration.

Marcher entre les mondes

J’ai appris que refuser les dogmes est nécessaire. La spiritualité qui affirme tout, la science qui réduit tout… je ne veux ni l’un ni l’autre.

Mon choix est d’avancer en dialogue : accueillir la rigueur scientifique, ressentir l’expérience, rester attentif à ce que je ne comprends pas. Je marche en équilibre, avec mes certitudes limitées, mes observations, et mes intuitions.

« Je sais que je ne sais pas »

Cette phrase, que j’aime tant, n’est pas un aveu de faiblesse. C’est une ouverture.

Admettre que je ne sais pas m’autorise à écouter, à explorer, à accueillir ce qui pourrait émerger. Paradoxalement, c’est dans cet espace d’incertitude que je trouve souvent des réponses inattendues, des possibles que je n’avais pas envisagés.

En conclusion

La science continue d’explorer.

La conscience continue de se vivre.

L’entrepreneuriat invente.

La spiritualité questionne.

Moi, je continue d’avancer sur mon fil, pas à pas, en équilibre fragile. Et je me surprends à revenir toujours à cette phrase :

Je sais que je ne sais pas.

Alors je me demande… si tu t’autorisais à accueillir l’incertitude, que pourrais-tu découvrir?